Aujourd'hui, on pilote des avions de chasse, on commande des navires de guerre, on mène des missions aux quatre coins du monde. Mais pendant des décennies, on nous a dit « ce n'est pas la place d'une femme ».
À travers le temps et les conflits, on s'est battu pour ouvrir toutes les portes. Et partout où le devoir nous appelait, on a répondu « présente ».
Voici notre histoire, et la vôtre aussi. Nous sommes les courageuses femmes militaires du Canada. Je me souviens du blanc de nos uniformes et des brancards transportés en urgence dans
les tentes de toile. Au tournant du siècle dernier, être infirmière était l'un des
seuls moyens pour une femme de servir son pays.
Et on a relevé le défi. Lorsque la Première
Guerre mondiale a balayé l'Europe, on s'est précipité vers les hôpitaux militaires en
Angleterre, en France, en Belgique et ailleurs, pour découvrir le monde au-delà de nos petites
de ville pour faire nos preuves où cela comptait le plus. Parfois, sous le feu ennemi, nos
mains tremblaient, on était côte à côte, unis par le devoir.
Et certaines d'entre
nous ne sont jamais revenus. Grâce à notre service, on avait gagné une voie dans l'avenir
de notre pays, et notre courage ne pouvait être ignoré. Le retour de la guerre a ouvert
de nouvelles portes, plutôt inattendues. Le travail est important, mais la guerre ne
se résument pas à des machines à écrire.
Bientôt, nos mains étaient noircies de graisse
à force de serrer les boulons de moteurs qui rugissaient. À nos côtés, des femmes
de tous les horizons, descendantes de colons, nouvelles arrivantes, autochtones, on préparait
les parachutes, on décryptait les codes ennemis et on écoutait le crépitement des radios
sans fil. Des dizaines de milliers d'entre nous en uniforme, on tenait bon. On portait
le poids du monde sur nos épaules, même lorsque le monde disait souvent que notre travail
avait moins d'importance.
Lorsque la paix est enfin revenue, notre élan s'est essoufflé. Mais on a continué
à servir. En Corée, on a entendu le grondement des obus au loin, soigné des soldats et vu
des endroits dont on n'avait entendu parler que dans les livres. Mais de retour au pays,
les possibilités se sont taries. C'était toujours interdit d'être une femme en première ligne.
Mais on faisait quand même avancer notre propre front. Dans les années 70, un vent de changement a soufflé. Dans les rues, au Parlement et au sein même de l'armée,
une commission royale a exigé l'égalité. Et en 1980, c'est avec fierté qu'on a franchi les portes des collages militaires du Canada. Pour la première fois, on s'est entraînés avec un horizon plus large
en revendiquant une place plus complète au sein des Forces armées canadiennes.
La première fois qu'on a fait décoller des CF-18,
le sol s'est dérobé sous nos pieds et le ciel s'est ouvert en grand. On avait enfin notre place. Dans les années 90, le Canada envoyait depuis des années des gardiens de la paix partout dans le monde,
Au Sinaï, à Chypre, sur le plateau du Golan et dans les Balkans.
Notre pays défendait ses intérêts et ceux de ses alliés, au pays et à l'étranger. Et à mesure que les barrières tombaient, on souhaitait participer à tous ces efforts. On a fait décoller des hélicoptères, on a plané à bord de chasseurs et d'avions de patrouille,
tandis que d'autres sillonnaient les mers, veillant sur l'Atlantique ou servant dans les eaux dangereuses du golfe Persique.
On venait de toutes les provinces et de tous les territoires. Des voix différentes, des langues différentes, mais la même détermination à faire nos preuves.
À terre, on était entraînés comme artilleuses, officières d'infanterie et ingénieurs militaires. Avec le temps, on a commencé à servir dans tous les corps de métier, tous les rôles, même au combat.
Enfin, plus rien ne nous était interdit. L'avenir s'offrait à nous. Cette route nous a menés à de nouveaux combats sur des terres lointaines. Des convois chaotais sur des routes arides. L'air était lourd de chaleur. Le claquement soudain de coups de feu déchirait la nuit. On y était, aux commandes de véhicules blindés,
à la tête de patrouille à travers des villages dangereux.
Certaines d'entre nous sont rentrées décorées. D'autres ne sont jamais revenus. Mais au fil du temps, notre rôle n'a fait que s'accroître. On a volé avec des escadrilles dans des cieux lointains. On s'est tenu sur le pont d'un navire de gare canadien. On a commandé des troupes ici au pays et en terres éloignées.
Il a fallu plus d'un siècle de service, de sacrifice et de lutte. Finalement, l'une d'entre nous a atteint le sommet. La voix du commandement était celle d'une femme, et elle parlait au nom de nous toutes. Des infirmières dans des tentes en terrain boueux, au plus haut poste de l'armée,
les militaires canadiennes ont défié les attentes.
Elles ont brisé les barrières. Elles ont marqué l'histoire. Aujourd'hui, on est présentes dans tous les rôles, dans toutes les branches des forces armées, dans toutes les missions. Notre engagement fait partie intégrante de l'histoire du Canada et notre héritage se poursuit.